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Un jardin sans eau

L’été, sa canicule, les plages bondées, le débit réduit du robinet, les forêts qui s’embrasent, les feuilles jaunies des arbres qui tombent comme si c’était déjà l’Automne, nos coeurs qui souffrent, les animaux désemparés à la recherche de l’eau…précieuse eau.

Il ne pleut plus.

Pouvions-nous le prévoir? Ce scénario sorti tout sec d’une dystopie a de quoi nous épouvanter.

Et pourtant ici en Finistère on pourrait se dire heureux de rencontrer un été chaud et non pluvieux. Mais faut-il s’en réjouir quand le département se retrouve en crise sécheresse avec des restrictions d’usage à la clé…pas d’arrosage sur les massifs ornementaux, ni sur les espaces verts, ni les prairies et les grandes cultures de plein champ.

L’arrosage des cultures spéciales (maraîchage et horticulture) est interdit de 8h à 20h.

Qu’en est-il de vos jardins? Comment les aider à surmonter cet état de fragilité? Sachez que mis à part vos salades (qui montent à graines très vite à cause de la chaleur et deviennent amères) la grande majorité de vos plants peuvent survivre plusieurs jours sans apport d’eau. Au mieux cette épreuve va permettre à vos plants de développer un système racinaire fort et de les rendre plus résilients. Au pire, leur feuillage sera un peu flétri sous le poids de la chaleur mais retrouvera son tonus à la nuit tombée sous l’effet de l’humidité. Essayez et observez. Evidement cette expérience est à pondérer sur de jeunes plantules qui viendraient d’être repiquées (replantées), là elles méritent toute votre attention mais pas forcément des arrosages quotidiens, c’est trop!

A la ferme, nous nous astreignons à un arrosage par semaine par serre, et selon l’avancée des plants de plein champ une fois tous les 7 ou 10 jours, voire 15 sur les haricots par exemple. Exception faite pour les carottes qui sortent tout juste de terre, là on passe à 3 jours jusqu’à ce qu’elles puissent se débrouiller seules, sous-entendu que leur système racinaire soit suffisamment développé pour aller chercher plus profondément dans le sol l’eau et ses nutriments.

Nous poursuivons nos expériences culturales en associant des plantes potagères: cette année les haricots se sont bien plu avec les salades, celles-ci se développaient dans l’espace entre les cultures de haricots, profitant de leur ombrage pour ne pas monter trop vite au premier de coup de chaleur, puis le service s’est inversé, les salades montées très vite et en hauteur ont proposé leur ombre aux haricots.

Les haricots rouges protégeaient bien les jeunes plantules de salades romaines jusqu’à la canicule ou l’effet s’est inversé. Puis les derniers haricots sont ramassés secs et les salades-arbustes achèvent leur cycle au poulailler.

Nous observons aussi que la présence des arbres dans le plein champ, qui chez nous se trouve être dans un verger clos de murs, en apportant leur ombre sur les cultures leur permettent de mieux se développer.

Au 1er rang sur la droite cette ligne de haricots coco bénéficie de l’ombre d’un pommier pour développer un beau feuillage et des plants homogènes; à gauche en début de ligne les plants sont moins fournis.

Cela nous amène à réfléchir pour concevoir l’année prochaine des lignes de plantes pérennes qui généreraient par leur feuillage ou leur hauteur un service de cycles ombragés sur des plantes annuelles potagères.

Tout est en chemin, mais il nous faut encore trouver des solutions pour stocker davantage d’eau dans le sol par la couverture de systèmes racinaires denses et profonds, conserver le cycle de l’eau en étageant les feuillages, constituer des réserves plus quantifiables avec les différentes cuves présentes sur la ferme.

A noter que le paillage joue un rôle essentiel dans la protection du sol et de son assèchement, souvenez-vous que la forêt ne laisse jamais un sol nu et sans couverture. Laissez-la vous inspirer!

Dans les serres comme en plein champ, le foin nourrit les planches de cultures en étant consommé par la faune du sol, il protège le sol de son dessèchement en maintenant son humidité.