La Fève

Son nom désigne aussi bien la plante que ses graines, que l’on consomme crues, fraîches ou sèches.

A la ferme, nous les semons en serre début novembre pour assurer leur précocité au tout début de printemps (en mars-avril) puis, en février, nous procédons à un semis direct en plein champ qui assurera un approvisionnement jusqu’au mois de juillet (après il fait trop chaud). Les plants sont actuellement très hauts en serre (presque deux mètres!) et ils donnent abondamment, ils auront mis 4 à 5 mois à arriver à maturité quand la série en extérieure commence à produire ses premières gousses au bout de seulement deux-trois mois!

De gauche à droite: les fèves en extérieur, en triple association avec des pommes de terre et des oignons ciboule, les fèves cultivées sous serre. Les capucines accompagnent grandement ces plantes dont les têtes peuvent vite être envahies par les pucerons noirs.

Un oeil dans le rétro: la culture de la Fève daterait du néolithique, originaire du Proche-Orient autour du bassin Méditerranéen, elle parvient progressivement jusqu’en Europe, en Inde, en Afrique…

Durant l’Antiquité et le Moyen-Age, elle sert de base à l’alimentation (avec la lentille et le pois) pour sa saveur et ses vertus rassasiantes, elle est alors utilisée en bouillie, en potage ou en purée. Sous l’Empire Romain, on cache une fève sèche dans une galette, pour élire le « Roi » lors d’une grande fête populaire nommée “les Saturnales”. Ce rite nous est resté depuis lors.

Côté nutritif, la fève est la plus nourrissante des légumineuses. Fraîche, elle est riche en glucides, en protides et en fibres. Sèche, son apport calorique grimpe. Elle possède cependant une bonne teneur en minéraux (potassium et calcium) ainsi qu’un taux appréciable de vitamines C, B et E.

La fève se distingue par sa teneur élevée en protéines végétales, ce qui contribue à répondre aux apports journaliers recommandés, particulièrement utiles dans le cadre d’une alimentation végétarienne ou équilibrée. Sa richesse en fibres alimentaires favorise un fonctionnement optimal du transit intestinal et participe à la régulation du taux de de cholestérol sanguin.

D’un point de vue agronomique, la culture et la consommation de la fève s’inscrivent pleinement dans les enjeux de transition agroécologique et de diversification des sources de protéines végétales.

Allez, passons à table!

La préparation des fèves varie selon leur maturité.

  • Les fèves les plus jeunes, extra fraîches (petites gousses et donc petites graines) se consomment crues à la croque au sel. Il suffit juste de les écosser et de les disposer en accompagnement sur votre plat, salade…ou dans un petit ramequin à grignoter comme des cacahuètes. Mais les gousses peuvent aussi se cuisiner: plusieurs possibilités s’offrent à vous: en purée, en velouté et même en guacamole!
  • Les fèves fraîches nécessitent souvent un écossage, suivi dans certains cas de l’élimination de la peau épaisse recouvrant la graine. Cette étape supplémentaire, appelée “dérobage”, permet d’obtenir des fèves au goût délicat et à la digestibilité améliorée. Il suffit de les plonger dans l’eau bouillante environ 5 minutes, une fois repassées sous l’eau froide, il n’y a plus qu’à pincer la peau pour libérer la graine bien verte. Et là, une palette culinaire de plaisirs se développe pour vos papilles: en salade, en tajine, en sauce, sur des tartines, avec ou sans épices…
  • Et une idée de plus pour l’apéritif, les fèves sautées à l’ail et à la sauce soja.

Il vous suffit d’écosser 500gr de fèves, plongez quelques minutes les graines dans l’eau bouillante, passez-les ensuite sous l’eau froide pour enlever la peau.

Chauffez de l’huile végétale dans une poêle à feu doux, ajoutez de l’ail frais. Quand l’huile est parfumée par l’ail, ajoutez les fèves. Tournez rapidement. Enlevez de la poêle dès que la couleur des fèves est saisie, elle devient vert foncé.

Servez dans un ramequin, versez un peu de sauce de soja sur les fèves et pourquoi pas de la coriandre ciselée (ou persil si vous préférez).

A déguster en entrée ou à l’apéritif!